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Manille. Le 6 Mai 2014. 12h.

Nous venons d’atterrir. Notre aventure commence alors dès la sortie de l’avion. Douane, Visa, Bureau de change sont nos premiers contacts avec le peuple philippins. Le sourire de la douanière lorsque je lui tends une montagne de papiers, le policier qui tente de nous draguer, le vendeur d’eau qui s’inquiète de ma déshydratation, le contact se fait facilement.

Nous sortons de l’aéroport. La chaleur nous saisit, humide et étouffante.
Assises devant un duty free philippin, nous attendons.
Un van de La Ferme Enchantée arrive alors, avec à son bord, deux stagiaires français GK.

À bord du van de la Ferme nous traversons Manille. Après la chaleur, c’est la pollution qui nous saisit, âcre, forte et imprégnante. La ville ressemble à un amoncellement, une superposition d’éléments. Je ne comprends pas. Comment cette ville fonctionne ? Comment s’organise-t-elle dans ce désordre et ce chaos apparent ?

Le monde qui m’entoure habituellement est normalement très organisé. L’environnement que je perçois ici est au contraire totalement désorganisé expliquant peut être ce sentiment d’incompréhension.

La pauvreté est présente à chaque coin de rues. Au loin, on aperçoit des bidonvilles, des constructions sommaires, désorganisées. Comment tout cela tient ?

Énormément d’informations, de sensations nous parviennent. Après un voyage de 18h, et le décalage horaire, tout se mélange, et s’entrecroise.

Le voyage est chaotique. Le van se faufile à travers les multitudes d’éléments qui nous entourent : voiture, motos, vélos, enfants, ponts, feux rouges, feux verts, klaxons…  : la conduite est tellement périlleuse.

 

 

Après avoir passé la journée à Manille dans la maison de Gawad Kalinga, nous embarquons à bord du Van en direction de la Ferme enchantée. Il est 00h.
Peu à peu le van s’éloigne des lumières de Manille. Le trajet semble durer une éternité. Quelques bouteilles de la bière populaire « Red horse » tuent le temps. Les garçons nous font rires. Puis vient le silence. Celui de la timidité, de la fatigue, de la fin de journée. Seuls persistent le grondement du moteur, le claquement des roues percutant le relief de la route, le chant des grillons. La puanteur du fumier vient bientôt caresser nos muqueuses, annonçant L’Arrivée prochaine.
Ah et j’oubliais. Le ciel étoilé. Splendide. J’avais oublié comme il était beau. Il me rappelle que nous sommes si petits.

L’Arrivée. 2h du matin. Nous pénétrons Angat, petite ville située au nord de Manille. 55 332 habitants. Il s’agit de la ville où se situe la Ferme Enchantée.
Le Van nous dépose au « Sari Sari », sorte de petit commerce où les habitants de la ferme ont pris l’habitude de se rassembler pour faire la fête. Premier contacts. John, le gérant du Sari Sari nous fait un accueil chaleureux. Nous rencontrons aussi Jonathan, le frère de John. Jonathan a 18 ans mais il en parait 5 de plus. Il nous expliquera plus tard que la plupart des philippins font plus jeunes et qu’il est une exception, sans doute parce qu’il travaille dur. Il est cuisinier à la cantine de la ferme « Grassroots » depuis 2 semaines. Enfin nous rencontrons d’autres français de la ferme. Les premiers échanges sont timides, nous sommes épuisées. 32 heures que nous n’avons pas dormi.

Vient le temps de se diriger vers la ferme. Nous empruntons un petit chemin bétonné au milieu des champs. Nous marchons dans le noir. Notre guide s’appelle Edouard. Il est stagiaire à la ferme. Mais où allons-nous? Est-ce que les lueurs au loin que nous pensons percevoir sont celles de la ferme? Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le lieu. En réalité, dans tous mes fantasmes j’imaginais mon arrivée de plein jour, dans une ferme fourmillante. La réalité est bien éloignée : Il fait nuit et le lieu est désert. Nous franchissons le portail. La ferme semble entourée par un enclos. Entrons nous dans un autre monde? La première chose qui attire mon regard au franchissement du portail est un arbre décoré de luminaires en papiers colorés.

J’entre le dortoir des filles. Nous sommes séparées. Deux chambres séparées d’une fine cloison où sept à huit filles par « dorm » y sont déjà assoupies.

 

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